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Comment sculpter une cuillère en bois ?

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Sculpter une cuillère en bois est une technique ancestrale. C’est un artisanat accessible financièrement car ne nécessitant que quatre outils. La simplicité des techniques employées, son petit budget et son côté ludique et créatif le mettent à la portée de tout débutant désireux de pratiquer la sculpture.

J’ai pour ma part appris la sculpture en autodidacte avec les quelques très maigres informations que j’ai pu glaner sur internet. Et croyez-moi, il y a quinze ans, il n’y avait pas grand chose sur la toile à ce sujet.

Le but de cet article est de vous donner toutes les clés fondamentales que j’aurais souhaité trouver quand j’ai commencé à sculpter. Car je sais à quel point toutes ces informations fondamentales facilitent l’apprentissage.

Je suis fermement convaincu que vous pouvez, comme je l’ai fait, apprendre seul. Si vous prenez le temps de comprendre tout ce qui est expliqué dans cet article et que vous commencez à sculpter de manière prudente et concentrée, vous y arriverez très bien.

Allez, outils en main ? On s’y met !



Etape 1 : Trouver du bois vert

Morceau de hêtre bien vert prêt à être fendu et sculpté en cuillères

Le plus facile pour sculpter des cuillères est d’avoir du bois vert car cela à un certain nombre d’avantages :

  • Le bois vert est gratuit bien souvent.
  • Il est aussi facile à trouver localement. (Et pour savoir comment trouver du bois vert, lisez attentivement mon article « où trouver du bois pour sculpter » où je vous livre toutes mes astuces pour en trouver localement)
  • Et surtout il est bien plus facile à sculpter que le bois sec.

Une simple branche de 10 à 15cm de diamètre vous suffit pour commencer à sculpter.

Si vous avez plus gros, c’est parfait, ça marche très bien aussi. Vous pourrez même sculpter plusieurs cuillères dedans.

L’important est que la partie de votre branche que vous choisissez pour sculpter votre cuillère n’ait aucun noeud. Alors jetez un oeil sur votre morceau de bois pour bien l’observer et vérifier qu’aucun noeud ne s’y trouve, même petit. Il vous suffit d’une partie de bois sans noeud de 20 à 30cm environ pas plus. Si des noeuds se trouvent en dessous ou au-dessus de cette partie dégagée, aucun problème, ils ne vous dérangeront pas car vous allez couper le reste.

Pour ce qui est du choix du bois, si vous êtes débutant, je vous conseille des bois tendres ou mi-durs. Le tilleul, l’aulne ou le saule sont parfaits pour du bois vraiment tendre. Le bouleau ou le noisetier pour des bois mi-durs.

Et si vous voulez en savoir plus sur le choix des bois pour sculpter, lisez mon guide complet qui vous explique en détails comment choisir le bon bois pour sculpter. J’y explique notamment de manière plus fouillée le choix du bois pour des ustensiles de cuisine.



Etape 2 : Réunir vos outils

Une petite scie, une hachette, deux couteaux. Vous voilà paré !

Pour sculpter une cuillère, vous n’avez besoin que de 4 outils :

  • une petite hache,
  • une scie,
  • un couteau droit de sculpture,
  • un couteau « croche » pour creuser le bol de la cuillère.

Si vous n’avez pas encore vos outils, voici les outils que je recommande pour un sculpteur débutant :

Etape 3 : Couper et fendre le bois

Ok, vous avez votre morceau de bois dont une partie suffisante est sans noeuds et vous avez vos outils à portée de main. Vous voilà fin prêt.

Une cuillère, type cuillère à soupe, fait environ 20cm. Ce que je vous conseille donc vivement de faire à chaque fois que vous sculptez est de toujours couper votre morceau de bois avec un bon tiers de longueur supplémentaire.

Pourquoi ?

Simplement car cette longueur supplémentaire sera votre marge de sécurité pour placer votre main de maintien de la pièce à sculpter, notamment lors de la première partie de sculpture à la hache (voir plus bas l’étape 5 pour les explications détaillées).

Donc, coupez votre morceau de bois à 30cm.

Vous voilà avec votre partie à sculpter… enfin presque.

Quoi ? Comment ça « presque » ?

Et bien, la particularité du bois est qu’il sèche. Et en séchant, quand il est encore sous forme ronde (branche ou billot), il va se fendre. Beaucoup de fentes. Alors si on sculpte la cuillère directement dans la branche (ou le billot) sous sa forme ronde et entière, la cuillère va forcément se fendre.

Pour éviter cela, on anticipe les fentes en… fendant le bois.

Tout simple. Encore fallait-il y penser : nos ancêtres l’ont fait pour nous.

On prend donc sa branche entre 10 et 15cm et on la fend en deux par le milieu. Ceci va libérer une grand part des tensions de séchage, et ainsi permettre au bois de sécher sans trop se fendre.

Et comme on va encore retirer pas mal de matière à ce morceau fendu, on va minimiser encore les tensions de séchage. Si bien qu’à la fin, on aura une cuillère qui va sécher naturellement sans se fendre.

Aussi simple que cela le séchage du bois vert ? Et bien oui ! Du moins pour ce qui est d’une cuillère…

Pour optimiser encore le séchage, il vous faut enlever une petite couche de votre morceau fendu en deux. Un petit centimètre suffit généralement. Cela permet d’enlever le coeur du bois (sa partie centrale) et de libérer encore des tensions de séchage. Cela se fait très bien en quelques coups de haches (voir Etape 6).

Si vous avez un billot de diamètre supérieur à 15cm, vous allez le fendre en quatre. C’est encore mieux. Cela vous laissera un morceau (un « quartier ») plus fin à sculpter donc avec moins de matière à enlever.

Une fois tout cela effectué, vous êtes paré à dessiner votre cuillère.

Etape 4 : Tracer le dessin de la cuillère

Tracer le dessin de la cuillère vous donne une limite précise pour sculpter

Vous avez maintenant votre morceau de bois vert fendu. Vous êtes prêt pour dessiner votre cuillère sur le bois.

Faut-il forcément faire un dessin ?

Je vous le conseille vivement. Un dessin vous permet de visualiser la forme de manière précise et vous donne à la fois une ligne à atteindre et une limite à ne pas dépasser, deux éléments essentiels en sculpture.

Et à force de dessiner ce que vous sculptez, vous allez exercer le premier et le meilleur outil du sculpteur : son oeil. Sans un oeil exercé, point de belle sculpture, point de symétrie ou d’harmonie.

Un bon dessin, c’est pour moi la base de la sculpture, tout particulièrement quand on débute.

Pour vous aider à mieux visualiser la symétrie de la forme, tracez au préalable une ligne centrale, à la règle ou à la main. Cela va vous permettre de mieux maîtriser l’équilibre de votre dessin de cuillère.

Bien. Vous avez votre morceau de bois fendu sur lequel vous venez de dessiner votre cuillère. Vous vous apprêtez donc à saisir l’un de vos outils pour vous mettre à sculpter…

Holà ! Holà ! Je vous arrête tout de suite. Vous avez pensé à votre sécurité ?

Et si on faisait un petit check-up ensemble, tranquillement, pour faire le tour de tout ce qu’il faut pour ne pas se faire de bobos ? Ca vous dirait ?

Etape 5 : Les 8 points pour sculpter en sécurité

La sculpture avec des outils à main bien affûtés est par essence potentiellement dangereuse.

Votre sécurité repose entièrement sur le respect de règles simples mais que vous devez avoir à l’esprit à tout moment pendant la sculpture.

Pour vous faciliter les choses, j’ai développé un système qui permet de vérifier rapidement tous les éléments essentiels à votre sécurité en sculpture.

Je l’appelle la « Sphère de sécurité »car elle considère les éléments les plus éloignés de vous pour progressivement passer en revue les éléments les plus proches de vous et de ce que vous sculptez.

SphèreEléments Question(s)Action
EnvironnementLes autresOù sont les autres ?Mettre de la distance
Les objetsOù sont les objets autour de moi ?Désencombrer
L’équipementMon équipement de sculpture (billot / établi / chaise) est-il approprié / stable / à bonne hauteur ?Equipement adéquat
Les premiers secoursSuis-je prêt en cas d’accident ?Kit Premiers Secours
téléphone (Pompiers/Samu)
Formation (PSC1)
CorpsMa postureComment est ma posture quand je sculpte ? Où peut finir mon geste ?Bonne posture pour chaque geste
Ma fatigueSuis-je assez reposé pour une concentration accrue et une gestuelle tonique et maîtrisée ?Pauses régulières
MainsMa mainOù se trouve la main qui tient l’objet à sculpter ? Est-ce que je maîtrise bien mon geste de sculpture ?Bonne position des mains pour chaque geste
Mon outilEst-il bien affûté ?
Est-il bien rangé ?
Outil bien affûté et bien rangé
La « Sphère de sécurité » en sculpture


Ce qui est troublant en matière de sécurité est que vous pouvez ne prendre en compte qu’une petite partie des éléments présentés ici – voire aucun – et ne pas avoir d’accident.

Dans ce cas, vous ne travaillez pas vraiment en sécurité mais dans une illusion de sécurité : votre sécurité n’est pas due à une démarche proactive mais laissée au hasard.

Or en matière d’accident comme au loto : « 100% des gagnants ont tentés leur chance ». En effet tout accident de sculpture se déroule lorsqu’un ou plusieurs éléments de ce tableau n’ont pas été pris en compte.

Bien sûr en tant que débutant, un certain nombre d’éléments de ce tableau vous pose encore question : quelle sont les bonnes postures ? Comment positionner ma main sur l’objet ? Quels sont les bons gestes de sculpture ? Comment affûter mon outil ?

C’est tout à fait légitime.

Mais ne vous en faîtes pas, je suis là pour vous guider à chaque étape. Tous ses aspects sont ou seront traités au fur et à mesure soit dans cet article (voir les étapes suivantes), soit dans d’autres articles et vidéos.

En attendant, il est essentiel de bien avoir tous ces éléments en tête lorsque vous sculptez. Cela vous permettra de pointer du doigt les éléments qui vous manquent et que vous devez améliorer au fur et à mesure pour travailler avec un maximum de sécurité.

Et à chaque début de session de sculpture, un petit passage en revue de tous ces points de sécurité ne vous prendra que quelques secondes quand vous serez habitués.

En retour, ces quelques précieuses secondes vous mettront alors à l’abri de bien des blessures potentielles dans votre activité favorite.



Etape 6 : Sculpter à la hache

Sculpter à la hache vous permet d’économiser du temps et de l’énergie pour avoir le moins de matière à enlever au couteau

Vous avez fendu votre morceau de bois et fait votre checklist de sécurité dans votre tête. Vous êtes donc paré pour commencer à sculpter à la hache.

La hache est un outil très efficace pour enlever de la matière à une sculpture. Et comme une cuillère à une forme simple, enlever le maximum de bois autour de sa forme est beaucoup plus rapide à la hache.

Mais comment manier sa hache ? Et comment se tenir pour éviter de se blesser ?

6-1 – Les postures du corps

Tout d’abord comment se tenir ?

Lorsqu’on manie une petite hache de sculpture à une main, il existe trois positions possibles :

  • debout devant un billot arrivant à hauteur des hanches,
  • assis sur une chaise avec un billot à la même hauteur devant soi ou sur le côté de la main qui manie la hache
  • agenouillé par terre avec une planche épaisse devant soi ou sur le côté de la main qui manie la hache

Sécurité :
Quelque soit votre position, l’élément de sécurité à prendre en compte ici est de toujours mettre son billot ou sa planche assez près de soi pour que vos coups de hache finissent dans le billot. Si jamais vous manquez votre coup ou que celui-ci dévie, la hache ne finira pas dans vos jambes.
Donc pas de billot à 80 ou même à 50cm de soi, mais plutôt à 20 ou 30cm lorsqu’on est debout et littéralement calé contre soi lorsqu’on est assis ou à genoux par terre. Bien sûr, idéalement il faut avoir un billot relativement large pour justement permettre d’avoir une bonne surface de travail et d’arrêt des coups de hache. Essayer de trouver un billot de 25/30cm de diamètre minimum si possible, l’idéal étant plutôt 35/40cm et au delà.

6-2 – Les positions des mains

La main qui tient le morceau à sculpter

La main qui maintient la pièce de bois doit toujours se trouver en haut du morceau à sculpter, sur le tiers supérieur de sécurité défini au départ.
Les deux bonnes positions de sécurité pour cette main sont :

  • La pince
    • La pièce est maintenue en position par une action de pince de la main avec le pouce d’un côté et les autres doigts de l’autre en faisant bien attention qu’aucun des doigts ne dépassent le plan de fendage du morceau, et qu’ils restent bien en haut dans le tiers supérieur de la pièce de bois.
La « pince ».
Notez le « tiers supérieur de sécurité » en hachures sur le plan de fendage.
Les doigts ne doivent jamais se positionner dessus.
  • Le grip
    • La pièce est maintenue en position par le dessus avec la paume de la main posée sur le bout de la pièce et les doigts calés sur l’arrière de la pièce pour l’empêcher de tomber. Il est important de ne jamais faire dépasser la paume du plan de fendage de la pièce de bois.
Le « grip ».

On ne sculpte à la hache que dans les deux-tiers inférieurs (zone non hachurée) pour assurer une zone de protection de la main. Si on veut sculpter la partie plus haut (zone hachurée), on retourne alors la pièce de bois et la partie initialement haute se trouve alors en bas vers le billot. On peut alors la sculpter en toute sécurité.

La main qui tient la hache

La main qui tient la hache est celle qui régule l’axe et la puissance des coups.

Concernant l’axe, pour simplifier le travail et le rendre le plus efficace possible, je vous conseille fortement de travailler le plus possible à la verticale, à la manière d’un marteau pilon. Vous faîtes bouger la pièce de bois de l’autre main dès que vous souhaitez changer l’angle de coupe. Certaines configurations ne permettent pas de rester à la verticale mais il faut s’efforcer d’y revenir le plus souvent possible.

Vous allez ainsi progresser beaucoup plus vite en précision dans vos coups car ils seront donnés toujours sous la même forme. Seule changera la puissance.

Et cette puissance est réglée par votre main qui tient le manche de hache :

  • Main près du pommeau de hache –> pleine puissance – moins de précision
    • Cette position va généralement de pair avec un geste ample
  • Main près de la tête de hache –> moins de puissance – plus de précision
    • Cette position va généralement de pair avec un geste plus court

6-3 – Fendre le morceau à sculpter

Pour enlever le maximum de volume sans trop se fatiguer, le mieux est de fendre certaines parties du bois autour de votre pièce de sculpture.

  • Faîtes deux coupes à la scie à la base du manche des deux côtés de celui-ci et perpendiculaire à celui-ci
  • Positionnez le tranchant de la hache au bout du manche de la cuillère presque à l’aplomb d’un des deux traits du manche, légèrement sur l’extérieur.
  • Soulevez légèrement (quelques centimètres) à la fois votre hache et votre morceau de bois (les deux bien coller l’un à l’autre) pour les faire retomber tous les deux en même temps contre le billot.
  • Le choc provoqué doit faire pénétrer le tranchant de la hache et fendre les fibres
  • Répétez le même processus de l’autre côté du manche puis autour du bol de la cuillère.

Vous voilà paré pour sculpter à la hache.

6-4 – Bien manier sa hache

Une hache de sculpture sera toujours plus efficace si elle est maniée en rotation autour de votre poignet. Vous devez donc chercher à travailler votre geste pour toujours obtenir un minimum, voire un maximum, de rotation.

Excepté pour des travaux de finitions, il ne s’agit en effet pas seulement de faire « tomber » la hache sur le morceau de bois, mais bien de lui donner en plus cet effet de rotation qui va augmenter sa vitesse et donc sa force à l’impact.

Vous travaillerez ainsi de manière efficace tout en minimisant votre fatigue.

Vous aimez sculpter à la hache ? Voici d’autres projets qui vous permettront de parfaire votre dextérité avec cet outil : « Comment sculpter une tasse en bois ? La kuksa scandinave » ou encore « Soliflore en bois sculpté : un pas à pas »

6-5 – Sculpter en suivant le fil du bois

Comme dans tout travail du bois, il est impératif de bien comprendre dans quel sens couper les fibres du bois. Sans quoi vous allez rapidement vous retrouver à contre-fil et risquez alors de fendre le bois. Plutôt dommage.

Sens de coupe des fibres.
Bien sûr valable autant pour la hache que pour le couteau.
Notez les deux traits de scie en blanc de part et d’autre de la base du manche.

6-6 – Maintenir les « 4 plans » de sculpture

Quatre plans de sculpture bien établis à la hache avant d’attaquer les finitions au couteau

En sculpture, surtout lorsqu’on débute, il est difficile de maintenir l’harmonie des formes recherchées si on n’a pas un minimum de méthode.

Pour garder l’équilibre des formes, il est primordial de maintenir constamment, jusqu’aux finitions, 4 plans de sculpture, à la manière des 4 faces d’un cube. Et c’est ce travail à la hache qui va établir ces 4 plans. Cela va vous permettre d’observer les lignes des arêtes ainsi formées entre les faces et de les reprendre au besoin en fonction de la forme que vous souhaitez donner à votre cuillère.

Bien sûr ce « cube » va évoluer dans sa forme au fur et à mesure que vous affinez la forme de la cuillère. Mais ces 4 faces, ces 4 plans de sculpture, seront vos guides, vos repères dans cette progression vers la forme finale.



Etape 7 : Sculpter au couteau

Une fois le dégrossissage de la cuillère effectué à la hache, il vous reste à définir la forme définitive de la cuillère à l’aide de votre couteau. Bien manier, un couteau vient à bout à lui seul d’un nombre impressionnant de tâches en sculpture.

Ce chapitre est là pour vous apportez les gestes de base de ce savoir-faire plus que millénaire.

Si vous êtes débutant en sculpture au couteau, je vous conseille d’apprendre tous ces gestes de la manière suivante :

  • Entraînez-vous sur un morceau de bois assez long (40 à 50cm environ) et large de 5 à 7cm pour l’avoir bien en main. Idéalement en bois tendre à mi-dur (voir mon article Quel bois pour sculpter, le guide complet pour connaître les bois tendres ou mi-durs).
    • Ce sera votre (ou vos) « morceau(x) de pratique » sans aucun autre objectif que de tester votre gestuelle
  • Effectuez d’abord chaque geste au moins trois fois à vitesse très lente contre votre morceau de bois sans faire « mordre » la lame.
    • Cela va vous permettre de vous concentrer d’abord sur votre posture et sur la compréhension de la mécanique du mouvement. Vous pourrez aussi mieux visualiser la trajectoire du couteau tout au long du geste. Vous pourrez donc corriger facilement si vous constatez qu’une partie de votre corps ou un objet se trouve à un moment sur cette trajectoire.
    • Il est intéressant de finir votre geste avec une amplitude maximum. En faisant cela vous mimez la trajectoire que pourra prendre votre couteau s’il est libéré soudainement d’un copeau que vous aviez mis beaucoup de force à enlever.
  • Effectuez ensuite chaque geste au moins trois fois à vitesse relativement lente en enlevant de très fins copeaux pour avoir le minimum de résistance
    • Vous allez ainsi commencer à prendre conscience de l’angle qu’il faut donner à la lame et de la force qu’il faut appliquer.
  • Effectuez enfin chaque geste une bonne dizaine de fois avec un peu plus de force pour enlever des copeaux un peu plus gros et pour commencer à vous automatiser un peu votre gestuelle.
    • Arrêtez-vous régulièrement au bout de 2 à 3 tentatives pour essayer d’avoir conscience de votre posture et de votre gestuelle :
      • Suis-je toujours dans la bonne position ?
      • Mon geste est-il efficace ?
      • Une partie de mon corps se trouve-t-elle potentiellement sur la trajectoire de mon couteau ?

7-1 – Gestes pour dégrossir

Les premières actions de coupe à effectuer au couteau sont de reprendre la forme de la cuillère là où le travail de hache s’arrête. Il vous faut donc d’abord des gestes qui soient capables d’enlever beaucoup de matière car il reste encore pas mal d’épaisseur de bois à retirer. La précision est donc moins importante car elle aura à ce stade moins de conséquence.

Les gestes décrits ici correspondent à ce stade de dégrossissage au couteau.

Bien sûr, toujours avant de vous mettre à sculpter au couteau, faîtes le petit passage en revue mental de votre liste d’éléments de sécurité :

  • Autres
  • Objets
  • Equipement
  • Premiers secours
  • Posture
  • Fatigue
  • Main
  • Outil

Cela vous permettra de démarrer sereinement l’activité en étant assuré que vous n’avez rien oublié.

En matière de posture, surtout en tant que débutant, prenez l’habitude de toujours vous asseoir lorsque vous sculptez au couteau. Votre posture sera beaucoup plus stable et c’est un élément important lorsqu’on manie le couteau.

Ensuite, surtout pour ce qui est des gestes puissants qui se terminent vers l’extérieur, il est important de ne pas laisser vos jambes et surtout vos cuisses sur le trajet potentiel du couteau. Il vous faudra donc prendre soin d’exécuter ces gestes soit entre vos jambes largement écartées – dans ce cas effectuez le geste le plus bas possible -, soit sur le côté du bras portant le couteau en pivotant le buste pour être à l’aise à présenter la pièce à sculpter avec votre autre bras.

Bras plié

C’est le geste naturel que toute personne commençant à utiliser un couteau effectue plus ou moins naturellement.

Vous pliez le bras en plaçant la lame sur le morceau de bois. Vous poussez ensuite la lame en finissant bras tendu. Il faut bien faire attention de faire ce geste sur le côté ou entre vos jambes bien écartées.

Bras tendu et variante

Si vous souhaitez le plus de puissance possible pour enlever du bois, plutôt que de plier le bras, vous restez le bras tendu et vous forcez avec le mouvement de vos épaules seulement.

Ce geste peut être effectué assis, sur le côté où vous avez le couteau en main ou entre vos jambes bien écartées.

Geste du bras tendu.
Notez l’angle de la lame pas parfaitement perpendiculaire au manche pour permettre une coupe « glissée »

Si vous souhaitez encore plus de puissance, utiliser ce geste debout avec votre morceau de bois contre un billot bas (à hauteur de chaise). Vous rajoutez le poids de tout votre buste et vous avez alors beaucoup de force.

Faîtes juste attention au placement de votre main qui tient le couteau dans cette configuration car elle peut libérer un copeau d’un coup et finir par buter violemment dans le billot. L’idéal est de se mettre au bord du billot pour permettre à la main d’avoir un espace libre quand elle se libère.

Main au genou

Une autre méthode consiste à placer la main qui tient le couteau contre le devant du genou du côté où vous tenez le couteau quand vous êtes assis. En plaçant la base de votre pouce juste sous votre rotule, le couteau étant lui diriger vers l’intérieur de vos jambes bien écartées, vous maintenez fermement votre main et vous amenez de l’autre votre morceau de bois contre la lame.

Pour enlever des copeaux, vous tirez simplement le morceau de bois vers vous en le maintenant toujours contre la lame du couteau.
C’est un geste efficace et sûr et il vous permet en plus de changer l’effort musculaire des bras. Le bras du couteau étant alors moins actif que le bras tenant le morceau de bois.

Geste « en ciseaux »

J’apprécie particulièrement ce geste et l’utilise donc beaucoup.

Pourquoi ? Simplement parce qu’il permet d’avoir énormément de puissance tout en étant très précis. Un oiseau rare en sculpture.

Son petit défaut est qu’il n’est pas aussi naturel et facile à apprendre au départ. Il nécessite de pratiquer un peu et de se faire progressivement à sa posture un peu subtile.

Pour ce geste vous allez réunir vos deux mains sur votre poitrine ou sur le haut de votre ventre, paumes vers le haut et morceau de bois et couteau se croisant à la manière d’une paire de ciseau. Le couteau doit être au-dessus du morceau de bois.

Geste « en ciseaux ».
Notez la position de la main tenant le couteau « paume vers le haut »

Maintenez à tout moment vos mains contre votre poitrine (ou haut du ventre) et vos coudes le long de votre corps. Le mouvement dans ce geste est effectué d’un côté par vos omoplates que vous allez faire se rejoindre dans votre dos tout en gardant les avant-bras bien collés à vos côtes et de l’autre côté par votre buste que vous allez « poussez vers l’avant ».

Sous l’effet de la force conjuguée de vos omoplates et de votre buste, vos mains n’ont pas d’autre choix que de s’écarter en glissant sur votre buste. Votre lame coupe alors un copeau avec assez peu d’effort au final. Mais quelle puissance ! Magique !

Si vous lui donnez du temps d’apprentissage, vous finirez par maîtriser ce geste et, comme moi, il vous sera difficile de vous en passer.

7-2 – Gestes pour la finition

L' »Ouvre-bouteille »

Ce geste consiste simplement à ramener le couteau tenu dans la main par ce que j’appellerai les « longs doigts » vers le pli de paume entre vos « longs » doigts et votre pouce. Simple me direz-vous mais il y a une petite subtilité car si vous ramenez le couteau vers le pouce directement vous prenez le risque de vous couper.

Comment faire alors ?
Il faut bien prendre soin de ramener le couteau vers le pli de la paume entre le pouce et le reste des doigts et non directement contre le pouce, ce qui est le réflexe naturel de toute personne n’ayant jamais pratiqué ce geste.

Notez le manche tenu uniquement par les doigts autres que le pouce alors que ce dernier sert de butée.
Le mouvement se termine poing fermé, le pouce se plaquant contre les doigts pliés.

Le mieux est d’abord de s’entraîner une dizaine de fois « dans le vide » pour bien comprendre la mécanique du geste. On se replace ensuite en situation avec le morceau de bois pour effectuer le geste avec des copeaux et bien vérifier que le pouce ne se trouve jamais sur la trajectoire finale du couteau.

Ce geste est notamment intéressant pour traiter ce que l’on appelle le « bois de bout » c’est à dire dans notre cas, les extrémités de la cuillère : les côtés de la pointe du bol de la cuillère et le bout du manche.

La « Pince« 

Geste de « la pince » sur le dos du bol d’une cuillère en aulne

La pince est une variante simplifiée de l’ouvre bouteille. Ce geste est très utile lorsqu’une butée se trouve entre votre lame de couteau et votre pouce ou lorsque vous savez que la force que vous mettez dans votre couteau n’est pas suffisante pour faire buter la lame contre votre pouce.

Pour ce geste vous ramenez directement la lame vers votre pouce sauf que soit celui-ci se trouve « à l’abri » derrière une butée soit la lame n’arrive pas jusqu’à lui car votre geste est léger pour enlever de tout petits copeaux.

Ce geste est notamment intéressant pour sculpter le galbe du haut bol de cuillère en plaçant votre pouce en butée à l’arrière du manche de la cuillère. Ou pour enlever de fins copeaux de finitions sur le dos du bol de la cuillère (voir photo).

Le geste « Lame vers soi« 

Geste de la « lame vers soi » pratiqué le long du manche du couteau. Notez la « cassure » du poignet qui permet la butée du bras bien avant que la lame n’atteigne la poitrine. Et les coudes et avant-bras bien calés le long de l’abdomen.

J’ai lu à l’occasion sur internet des conseils de sculpture au couteau qui expliquaient qu’il ne fallait jamais sculpter avec un couteau vers soi. Sans doute les personnes en question visualisaient-elles un geste à la Hara-kiri des samuraïs japonais. Personnellement, je ne vous conseille pas ce geste non plus.

Mais il n’en reste pas moins que sculpter vers soi est tout à fait valable. Cela est même diablement efficace et permet de sculpter avec une grande précision. Et cerise sur le gâteau, cela peut très bien se faire en toute sécurité. Comme toujours, encore faut-il connaître le bon geste et l’avoir pratiquer suffisamment pour qu’il soit efficace et sûr.

Geste « lame vers soi ».
Notez la cassure du poignet du côté de la main qui tient le couteau et l’angle de la lame, pointe penchée vers l’extérieur. Dans cette configuration, manche de couteau et poignet sont les seules parties à pouvoir toucher votre buste.

Pour sculpter avec la lame vers soi :

  • Placer d’abord l’objet à sculpter sur votre ventre en le maintenant ainsi par votre main de support
  • Placer ensuite votre lame sur la pièce à sculpter en prenant bien soin de faire deux choses simultanément :
    1. « casser » votre poignet à angle droit (grosso modo)
    2. pencher votre lame pour faire en sorte que la pointe de votre couteau se dirige vers l’extérieur (et non vers vous comme les samuraïs…)
  • Avant de commencer à sculpter, une chose impérative à faire et à maintenir constamment lors de ce geste est de bien coller vos bras et vos coudes contre votre ventre et vos côtes. Cela vous permet d’avoir une très bonne maîtrise de la direction et de la force de votre couteau.
    • Votre ventre agit à la manière d’un établi de sculpteur
    • Vos bras et coudes serrés contre vous agissent eux à la manière d’étaux maintenant fermement votre pièce de sculpture.

Et voilà ! Aussi simple que cela.

Essayer cette posture et testez vous-même son efficacité. Je me doute qu’il ne vous faudra pas longtemps pour l’adopter et lui faire une bonne place dans votre besace de savoir-faire de sculpteur.

Ce geste est notamment intéressant pour sculpter les côtés du manche de la cuillère. Vous posez alors la pointe du bol de la cuillère contre votre ventre et vous tenez le bout du manche avec votre main de maintien. Mais vous pouvez aussi vous en servir pour affiner le dos du manche de la cuillère en prenant la cuillère de manière totalement opposée : bout du manche sur votre ventre et bol de la cuillère dans votre main de maintien.

Le « Pousse-lame »

Pour enlever de petits copeaux de manière très maîtrisée, le « pousse-pouce » est très efficace.

Cela consiste à utiliser le couteau pour couper vers l’extérieur (et non vers soi) en plaçant le pouce sur le dos de la lame du couteau. Vous placez alors le pouce de la main de maintien de votre pièce à sculpter sur le pouce se trouvant sur le dos de la lame du couteau et vous le pousser pour faire « mordre » la lame dans le bois.

Quel est l’avantage de cette combinaison ?
Le pouce de votre main de support de la pièce à sculpter fournit la puissance de coupe, tandis que votre main tenant le couteau guide précisément la direction et la profondeur de coupe.

La maîtrise et la précision sont maximales. Combinaison gagnante !

Ce geste est notamment très utile pour sculpter le dos du bol de la cuillère.

Etape 8 : Sculpter le bol de la cuillère

J’ai pour méthode de toujours sculpter d’abord le corps de la cuillère avant de m’attaquer à la sculpture du cuilleron (le bol de la cuillère). Je vous conseille de faire de même, tout particulièrement au début. La seule subtilité est que je ne sculpte pas toute l’épaisseur à l’arrière du bol de la cuillère afin d’avoir assez de bois pour protéger mon pouce des coups de lame du couteau croche.

Notez la surépaisseur de la cuillère pour permettre au pouce de rester en butée tout en étant protégé de la lame en sortie de mouvement.

Je ne vais pas rentrer dans les détails du pourquoi du comment j’estime que cette méthode est la meilleure. Faites-moi confiance et vous pourrez tenter une autre méthode par la suite quand vous aurez acquis de l’expérience.

Ok votre corps de cuillère est maintenant sculpté, il vous faut un bol pour que votre cuillère ressemble à une vraie cuillère.

Prenez un crayon à papier et tracez un trait à environ deux petits millimètres du bord du bol de la cuillère. Ce trait représente votre limite de coupe à ne pas dépasser.

Vous allez pouvoir commencer à sculpter avec votre couteau à lame courbe aussi appelé couteau croche.

Voici les étapes à suivre pour sculpter votre bol :

  • Prenez votre manche de cuillère à pleine main avec votre main « support » et placez-la ainsi que votre bol de cuillère sur votre cuisse
  • Prenez votre couteau croche dans votre main et placer votre pouce en butée contre le bol de la cuillère
  • Commencez à sculpter au centre du bol de la cuillère
  • Sculptez en donnant le plus possible une forme pendulaire à votre geste.
    • En effet la lame courbe ne coupe pas en ligne droite mais dans un mouvement de coupe pendulaire. Vous devez donc exécuter ce mouvement pour bien couper avec ce type de couteau.
  • Creusez au fur et à mesure tout en élargissant votre bol vers votre trait.

Vous voilà maintenant avec un bol de cuillère sculpté au couteau croche.

Finissez maintenant l’arrière du bol de la cuillère que vous aviez laissé épais pour protéger votre pouce des assauts du couteau croche et votre cuillère est maintenant finie. Il ne vous reste plus qu’à la laisser sécher et à la huiler pour la préserver au mieux.



Etape 9 : Séchage et huilage de la cuillère

Vous aviez un petit morceau de bois au départ et, à force d’effort, vous voilà maintenant en possession d’une véritable cuillère.
Félicitations !

Mais maintenant, comment lui appliquer les derniers soins pour qu’elle soit non seulement présentable mais également durable ?

Faut-il poncer sa cuillère sculptée ?

Cuillères en aulne, finies uniquement au couteau sans ponçage.
La maîtrise des gestes et de l’affûtage valent les meilleurs papiers abrasifs.

Si vous êtes débutant, il peut être assez difficile d’obtenir pour votre toute première cuillère une finition qui vous paraisse suffisante en utilisant seulement le couteau. Vous pouvez dans ce cas tout à fait lui passer un peu de papier de verre.

Personnellement, ce n’est vraiment pas quelque chose que je recommande au delà de vos 2 ou 3 premières cuillères.

D’abord parce que je suis un adorateur des facettes et de la texture ainsi créée par l’action du couteau. Voilà pour la partie totalement subjective.

Ensuite, parce que le fait de savoir que l’on va poncer entièrement sa cuillère à toujours tendance à nous voir négliger deux aspects essentiels dans la progression en sculpture : le maniement de plus en plus précis et délicat des couteaux et la maîtrise grandissante de l’art de l’affûtage. Car si vous progressez continuellement dans ces deux éléments de la sculpture de cuillère, vous n’aurez aucun mal à obtenir des faces lisses et, de mon point de vue, bien plus belles que toute surface obtenue par le ponçage.

Comment sécher sa cuillère en bois vert ?

Il vous faut maintenant faire sécher votre cuillère.

Le séchage d’une cuillère est assez simple si vous avez bien pris soin de choisir votre morceau de bois dans une partie totalement exempte de noeud et avec un fil du bois le plus droit possible. La seule précaution à prendre est de la faire sécher dans un endroit le plus frais et humide possible dans un premier temps (pour un ou deux jours), et ensuite de finir le séchage à température ambiante pour à nouveau un ou deux jours.

A la belle saison notamment, il vous faudra faire attention à faire sécher votre cuillère à l’abri du soleil bien sûr mais dans l’endroit le plus frais chez vous pour les deux premiers jours : la cave, le garage ou dans le bas de votre frigo si aucun autre endroit ne vous paraît assez frais.

Ne vous inquiétez pas outre mesure pour le séchage de votre cuillère car c’est un objet qui a tellement peu de matière que le séchage est rapide et sans conséquence encore une fois si les deux précautions majeures ont été prises au départ (pas de noeud et fil droit).

Faut-il huiler sa cuillère en bois ?

Non, il n’est pas absolument nécessaire d’appliquer de l’huile sur votre cuillère en bois. Votre cuillère pourra vous durer un certain temps même si vous ne la huilez pas.

Sachez seulement que :

  • votre cuillère changera certainement de teinte plus rapidement si vous ne la huilez pas. Elle pourra même noircir complètement voire moisir en surface comme en profondeur.
  • l’huile permet une meilleure tenue dans le temps du bois car elle le protège de manière durable en le renforçant d’une couche d’imperméabilité en surface et un peu en profondeur.

Je vous recommande donc non seulement de huiler vos cuillères mais de le faire régulièrement surtout si vous vous en servez souvent. Un huilage tous les ans est une bonne habitude.

Quelle huile utiliser pour une cuillère en bois ?

Les huiles pour cuillère en bois doivent répondre à une double exigence :

  • être alimentaires c’est à dire ne contenir aucun additif chimique.
  • être siccatives c’est à dire sécher en formant une pellicule dans le bois.

Les seules huiles qui répondent à ces exigences sont les huiles de lin, de chanvre, de chia et de perilla.

Les huiles alimentaires habituelles, huile d’olive, de colza, de tournesol, etc… ne sèchent pas et finiront donc soit par être lessivée soit par rancir ou par moisir. A éviter donc.

L’huile de tung, encore appelée huile d’abrasin ou huile de bois de chine, pourtant une des meilleures huiles pour le traitement du bois, est hautement toxique pour les humains. Elle provoque des intoxications alimentaires lorsqu’elle est ingérée ou même des dermatites lors de contact prolongé avec la peau (source wikipédia) . Par conséquent elle est à éviter absolument.

D’autres huiles, telle l’huile de noix ou de soja, sont considérées comme semi-siccatives et peuvent être utilisées à l’occasion si vous n’avez rien d’autre sous la main. Sachez seulement qu’il leur faudra encore plus de temps pour sécher que les huiles citées ci-dessus, dont le temps de séchage est déjà conséquent selon les conditions atmosphériques (plusieurs mois parfois). Par ailleurs la protection ne sera pas aussi efficace globalement.

Comment appliquer de l’huile sur une cuillère en bois ?

Appliquez votre huile en fines couches successives en prenant soin d’enlever le surplus à l’aide d’un chiffon à chaque fois et en laissant sécher chaque couche avant l’application de la suivante. Il faut plusieurs semaines (minimum 3) entre chaque couche suivant la saison et les conditions atmosphériques. Un endroit chaud et sec est idéal pour accélérer ce processus. L’exposition au soleil optimise aussi ce séchage.

Deux ou trois couches sont généralement suffisantes.

A savoir absolument sur les chiffons enduits d’huile siccative : toutes ces huiles siccatives peuvent provoquer des combustions spontanées lorsqu’elles sont présentes sur un chiffon. Donc lavez ou trempez votre chiffon immédiatement après utilisation ou encore mieux brûlez-le à l’extérieur. Mais surtout ne laissez jamais un chiffon enduit d’huile siccative dans une pièce de votre maison ou appartement, vous pourriez déclencher un incendie quelques heures ou jours plus tard.

Vous voilà fin prêt à apprécier votre prochaine soupe ou votre prochain dessert favori avec votre cuillère ! Félicitations à vous !

Mes outils préférés

Pour sculpter du bois vert à la hache et au couteau sans exploser le portefeuille, voilà les outils qui me conviennent sans faire de concession sur la qualité :

  • Pour scier efficacement du bois vert, cette scie pliante silky est un must, à la fois petite et redoutable d’efficacité
  • Cette Hachette Jager de chez Bison, de belle facture pour un prix raisonnable, vous dégrossira tous vos projets sans sourciller (à affûter à réception)
  • Ce couteau Mora 120, à la lame courte et efficace vous permettra de sculpter les finitions de toutes sortes d’objets (de la figurine à l’ustensile en bois)